Comment faire du dialogue parties prenantes un levier de transformation et pas une formalité ?

10 juin 2026

Toute stratégie RSE/ ESG repose sur un dialogue authentique avec les parties prenantes, permettant de la rendre plus légitime et l’ancrer dans la durée. Mais quand ces parties prenantes sont dispersées dans plusieurs pays, parlent des langues différentes, ont des attentes et des niveaux de maturité très contrastés, comment organiser ce dialogue de façon rigoureuse et constructive ?
C'est l'une des questions auxquelles E&H répond régulièrement dans ses missions internationales. Avec plus de 100 000 parties prenantes interrogées au total depuis la création du cabinet, c'est un savoir-faire qui s'est construit au fil de dizaines de projets, dans des contextes très différents.

Qui sont les parties prenantes dans un contexte multi-pays ?

Dans une organisation internationale, les parties prenantes sont multiples et hétérogènes. Il y a bien sûr les collaborateurs et les managers des filiales, mais aussi les clients et partenaires locaux, les fournisseurs de proximité, les représentants des communautés locales, les acteurs institutionnels et réglementaires de chaque pays ou région, et parfois des ONG ou associations spécifiques à certaines zones géographiques.

La première étape d’une démarche de dialogue multi-pays consiste à cartographier précisément ces acteurs, à identifier ceux qui sont prioritaires selon les enjeux et les zones géographiques, et à définir les modalités de consultation les plus adaptées à chaque groupe. Tout le monde n’a pas besoin d’être consulté de la même façon ni avec la même profondeur. Et la maturité de la relation et sa qualité deviennent de nouveaux indicateurs de performance.

Organiser un dialogue structuré et légitime

Le dialogue avec les parties prenantes ne peut pas être laissé à l’improvisation, surtout dans un contexte international. E&H a développé une méthodologie rigoureuse pour ces exercices : définition des objectifs de la consultation, choix des outils (études quantitatives, entretiens individuels…), conception de guides d’entretien adaptés aux différents publics, organisation des sessions de dialogue (en présentiel ou à distance selon les contextes), analyse des résultats et restitution.

Cette approche a été mise en œuvre notamment pour le Groupe Lefebvre, où la consultation a mobilisé plus de 1 300 personnes réparties dans 7 filiales pays. La diversité des profils consultés, du collaborateur terrain au membre du comité exécutif, en passant par les clients et partenaires, ou encore du comité parties prenantes du Groupe, a permis de produire une cartographie des enjeux matériels qui reflète véritablement la complexité du groupe, ses enjeux et de ses marchés.

Gérer la diversité des attentes et des niveaux de maturité

L’une des difficultés spécifiques au dialogue multi-pays, c’est la grande hétérogénéité des niveaux de sensibilisation aux enjeux RSE selon les zones géographiques. Certaines parties prenantes européennes sont déjà très au fait des attentes réglementaires des enjeux environnementaux et leurs impacts sur l’entreprise, du devoir de vigilance sur les droits humains dans les chaînes d’approvisionnement. D’autres, dans des pays où la réglementation en matière de durabilité est moins développée, abordent ces sujets avec moins de cadres.

Cette hétérogénéité est précieuse : elle oblige à poser les questions de façon plus fondamentale, à ne pas présupposer de certaines évidences, et à entendre des préoccupations qui ne seraient peut-être pas remontées dans un dialogue plus homogène. Les meilleures stratégies RSE internationales sont souvent celles qui ont su intégrer ces perspectives moins conventionnelles et en tirer des enseignements pour toute l’organisation.

Du dialogue à l’action : faire vivre les engagements dans la durée

Le dialogue avec les parties prenantes ne vaut que s’il débouche sur des engagements concrets et une communication transparente sur les suites données. Les parties prenantes consultées doivent pouvoir voir en quoi leur contribution a influencé les choix stratégiques de l’entreprise. C’est ce qui permet de construire une confiance durable et de maintenir l’engagement de ces acteurs dans le temps.

Pour UPERIO, la démarche de co-construction de la Raison d’Être a ainsi abouti à un plan d’engagement RSE présenté au board du Groupe et traduit en feuille de route opérationnelle pour la direction RSE nouvellement créée. La convergence remarquable des points de vue exprimés par des collaborateurs de 8 pays différents a été l’un des enseignements les plus marquants de cette mission et l’un des arguments les plus convaincants pour les actionnaires.

Pour BENEO , le déploiement de sa stratégie RSE s’est appuyé sur un programme de formation international conçu avec E&H, illustrant le rôle clé du dialogue avec les parties prenantes internes pour opérationnaliser la transformation. Ce dispositif, déployé en Europe, aux Amériques et en Asie, a été construit en intégrant les attentes et spécificités des équipes siège, des filiales et des différents métiers (achats, marketing/communication, ventes), afin de favoriser une appropriation concrète et contextualisée des enjeux de durabilité en lien avec l’activité et les enjeux de l’entreprise. En renforçant la compréhension des impacts clés du secteur agroalimentaire (climat, biodiversité, eau, droits humains… ) et des engagements de BENEO, ces formations sur-mesure ont permis d’ancrer la RSE dans les pratiques opérationnelles, démontrant qu’un dialogue structuré et multi-niveaux constitue un levier essentiel pour réussir un déploiement international.

Ce que le dialogue multi-pays apporte concrètement

Le dialogue multi-pays apporte ce que les approches purement quantitatives ne peuvent capter : une compréhension fine des dynamiques business, humaines et culturelles qui conditionnent le succès d’une démarche ESG dans chaque contexte local. En croisant les visions des parties prenantes, il permet d’identifier à la fois les freins et les leviers au changement, de révéler des angles morts en intégrant leurs attentes, et de donner une légitimité accrue à la démarche RSE grâce à une vision réellement multi-acteurs. Ce travail favorise également l’émergence de relais locaux et l’engagement des parties prenantes clés dès l’amont – condition essentielle pour ancrer durablement la RSE – tout en faisant ressortir des opportunités spécifiques à certains marchés ou segments.

C’est cette dimension humaine que E&H place au cœur de toutes ses missions de conseil et de formation depuis sa création en 2003. Parce qu’au fond, que ce soit à Paris, à Abidjan, à Chenai ou à Chicago… ce sont toujours des femmes et des hommes qui font avancer les actions. Et ce sont eux qu’il faut convaincre et rassurer, puis outiller et accompagner dans la durée.

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