Clarins & B Corp : ce qu’une certification RSE change vraiment, un an après.

19 mai 2026

Le 2 avril dernier, nous avons eu le plaisir d’animer, en partenariat avec Edhec Alumni, une conférence dédiée au retour d’expérience du Groupe Clarins, un an après l’obtention de la prestigieuse certification B Corp. Au-delà de la simple célébration d’une réussite, cet événement a surtout constitué un temps de prise de recul collectif et de partage sincère, sur ce. qu’une certification RSE aussi exigeante produit réellement dans la durée, une fois les projecteurs éteints et le quotidien revenu ?
Car la vraie question aujourd’hui n’est plus celle de l’obtention du label. Elle est ailleurs : Comment une démarche de cette ampleur transforme-t-elle concrètement les décisions stratégiques, les pratiques opérationnelles et la culture d’une entreprise internationale et leader sectoriel tel que Clarins ?

Un « Why » puissant, incarné par la nouvelle dirigeante

Tout commence par une conviction personnelle forte. C’est en découvrant le mouvement B Corp, via l’équipe de la marque myBlend que Virginie Courtin a été profondément frappée par cette ambition exigeante :

« Ne pas se contenter d’être l’une des meilleures entreprises du monde… mais devenir l’une des meilleures entreprises pour le monde. »

Cette vision a immédiatement résonné avec l’ADN historique de Clarins, déjà très ancré dans le respect du vivant, la biodiversité et l’innovation naturelle. Elle est venue structurer, accélérer et surtout donner un cadre exigeant à une dynamique RSE déjà bien engagée au sein du groupe.

Cependant, une telle ambition ne s’est pas imposée naturellement. Un vrai travail de pédagogie interne a été nécessaire. En effet, beaucoup de dirigeants et managers ne connaissaient pas encore le label B Corp ou en avaient une vision partielle. Virginie Courtin et ses équipes ont alors multiplié les échanges pour expliquer la démarche, répondre aux questions et surtout relier cette certification à l’ambition de Clarins portée par la nouvelle dirigeante : Devenir une entreprise à impact positif et porter une démarche mesurable et cohérente sur l’ensemble de sa chaîne de valeur.

Le « Comment » : une transformation d’envergure et un défi organisationnel majeur

Le défi opérationnel était colossal. Le modèle du groupe imposait de certifier 28 filiales en une seule vague, sans possibilité de déploiement progressif. Guillaume Lascourrèges, Directeur Développement Responsable du Groupe le reconnaît volontiers :

« Pour être honnêtes, nous pensions pouvoir déployer le projet en étapes, sur deux ou trois ans… L’équipe de Des Enjeux & des Hommes, pilotée par Olivier Classiot, nous avait pourtant alerté très tôt sur l’approche qui serait probablement retenue par B Lab.»

Face à cette contrainte, Clarins a fait le choix courageux d’une mise en œuvre ambitieuse et simultanée.

C’est ainsi qu’est née une équipe mixte inédite, associant étroitement la Direction Développement Responsable de Clarins et les consultants d’E&H.
Adèle Bagy, consultante au sein de cette équipe, a détaillé lors de la conférence les ressorts de ce tandem gagnant :

  • Une équipe centrale qui coordonnait l’ensemble du projet et se concentrait particulièrement sur les innovations touchant le cœur du modèle économique (les fameux IBM ­| Innovations Business Model) ;
  • Un réseau de mentors répartis en cinq clusters, regroupant les pays selon des critères à la fois géographiques et de maturité RSE.

Estelle Lauvergne, mentor chez E&H, a insisté sur la dynamique « en étoile » qui s’est révélée particulièrement vertueuse : partir du niveau réel de chaque pays, adapter les supports et les plans d’action aux priorités locales, centraliser les questions les plus complexes et faire circuler très rapidement les réponses et bonnes pratiques vers tous les clusters. Cette approche a permis à la fois une cohérence globale et une adaptation fine au terrain.

Eric Familiar, chef de projet B Corp chez Clarins, a livré un témoignage très transparent sur la dimension humaine du projet :

« Nous avions au départ un vrai soutien des managers locaux… mais une fois qu’ils ont compris l’ampleur de ce à quoi ils s’engageaient, il a fallu les rassurer, les accompagner et leur montrer concrètement qu’ils seraient soutenus pas à pas tout au long du processus. C’est là que nous avons pris la mesure de la valeur ajoutée du tandem avec E&H »

Une aventure humaine intense et émouvante

L’aboutissement de ce long chemin reste gravé dans les mémoires. Virginie Courtin ne cache rien de l’intensité de ce moment : « Il y avait une énorme attente… nous nous étions tous battus pendant si longtemps. Le jour de l’annonce officielle, beaucoup de gens ont pleuré de joie ! »

Ce n’était pas seulement la reconnaissance d’un travail technique accompli, mais une véritable joie et fierté partagée. Cette émotion illustre parfaitement la dimension humaine du chemin collectif que d’une telle certification.

Un an après : des effets concrets et durables qui dépassent largement le label

Avec un an de recul, la valeur réelle de la certification B Corp se mesure bien au-delà du trophée ou de la communication externe.

Sur le plan de l’attractivité employeur, les retours sont déjà très concrets, tant au siège qu’à l’international :

« Certaines personnes aux profils très recherchés dans notre secteur nous ont dit avoir choisi Clarins parce que nous étions B Corp », confie Guillaume Lascourrèges.

Sur le plan stratégique, la certification a créé une véritable « tension positive » au sein du groupe. Elle a permis de lancer ou de densifier plusieurs projets RSE majeurs comme l’acquisition et l’exploitation de domaines agricoles avec une ambition forte (comme celle du régénératif), une rigueur et un suivi des résultats bien plus intenses qu’auparavant.

Ce retour d’expérience confirme une conviction profonde chez E&H : les labels les plus exigeants ne sont pas des destinations, mais de puissants systèmes de contrainte bienveillante et de progression continue. Ils structurent une amélioration durable, en phase avec les attentes sociétales et les évolutions réglementaires (CSRD, devoir de vigilance, etc.), tout en obligeant à ne jamais dissocier ambition et réalité du terrain.

Et pour ce faire, le choix du bon partenaire est clé. Olivier Classiot, Directeur du projet chez E&H conclue la conférence sur cette idée :

‘’ Au-delà de la maitrise technique fine du référentiel B Corp, c’est avant tout la capacité à co-piloter un projet complexe et la prise en compte de la dimension d’accompagnement du changement (jusque dans les différences interculturelles) qui ont fait la différence’’.

ENFIN

Nous tenons à remercier Virginie Courtin, Guillaume Lascourrèges, Eric Familiar et toute les équipes Clarins locales impliquées dans ce projet, pour leur confiance, leur transparence et leur volonté de partager cette aventure de manière sincère.

E&H souhaite être le partenaire de confiance des dirigeants qui souhaitent rendre compatible performance, résilience et Impact positif.


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