Benchmark international des pratiques de dialogue avec les parties prenantes

8 mars 2021

Le Think Tank “les entreprises et leurs parties prenantes : nouvelles voies de résilience et gouvernance”, créé en octobre dernier par le Comité 21, association française pour le développement durable, en partenariat avec des Enjeux & des Hommes, vise à étudier en quoi l'intégration des parties prenantes à la gouvernance est une des conditions de la résilience des entreprises. En février nous publions la première des trois publications de ce Think Tank : un benchmark international des pratiques de dialogue avec les parties prenantes, reposant sur l’analyse de 150 grands groupes et 150 PME, répartis dans cinq zones géographiques (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Europe du Nord, Europe du Sud) et cinq secteurs d’activités (agroalimentaire, ressources, santé, transports, biens et services technologiques).

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Cette étude s’appuie sur l‘analyse de données rendues publiques par les entreprises, via leur reporting extra-financier, leurs engagements dans un label. Le comité de pilotage a sélectionné cinq zones géographiques dans lesquelles les entreprises ont des obligations de reporting ou des pratiques matures de communication extra-financières. Afin de remonter des résultats significatifs, l’étude est centrée sur cinq secteurs d’activité dans lesquels la question du dialogue parties prenantes est apparue incontournable. Les grands groupes ont été sélectionnés à partir des indices boursiers suivants : S&P TSX (Canada), S&P500 (Etats-Unis), FTSE100 (Royaume-Uni), et EuroStoxx (Europe) et quant aux PME, à partir de leurs engagements (50% parmi les signataires du Global Compact et 50% parmi les entreprises labellisées B Corp).

L’objectif du Comité 21 et Des Enjeux & des Hommes est d’explorer le sujet des relations entre les entreprises et leurs parties prenantes pour étudier en quoi cette pratique peut être facteur de performance, voire de résilience, et enfin de proposer des pistes pour réinventer cette relation.

Les principaux enseignements de l’étude


L’étude démontre que même si des initiatives intéressantes sont souvent impulsées au niveau local, elles sont rarement intégrées dans une vision stratégique de l’entreprise. Le Comité 21 et Des Enjeux et des Hommes constatent également que les démarches de dialogue sont peu formalisées et peu structurées. En effet, 54% des entreprises étudiées (72% grands groupes et 37% PME) ont développé des pratiques de dialogue avec leurs parties prenantes mais elles ne sont que 30% à avoir formalisé une stratégie de dialogue (42% grands groupes et 19% les PME), ou à avoir professionnalisé le dialogue (31%) et encore à impliquer les parties prenantes dans leur gouvernance (9,5%). Pour autant, cela ne signifie pas que les entreprises ne cherchent pas à développer le dialogue avec leurs parties prenantes. Elles cherchent plus souvent à approfondir certains sujets stratégiques ou controversés qu’à organiser une démarche globale de relation avec les parties prenantes.

L’étude indique également que les entreprises favorisent l’information et la consultation comme modalité d’interaction avec leurs parties prenantes. 91% des entreprises étudiées privilégient l’information de leurs parties prenantes et 66% pratiquent aussi la consultation (93% les grands groupes, 39% les PME) en organisant des réunions, en envoyant des questionnaires par exemple. La co-construction est également souvent mise en avant, bien que moins fréquente (76% des grands groupes, 35% des PME).

D’après ce benchmark, il n’y aurait que peu d’initiatives pour développer la culture du dialogue en interne (formation, guide de bonnes pratiques). 9% seulement des entreprises étudiées déclarent avoir mis en place des actions de formation de leurs salariés au dialogue parties prenantes. Enfin, les entreprises, y compris les plus engagées, sont peu nombreuses à intégrer leurs parties prenantes dans la prise de décision. Dans les grands groupes, si 20% des entreprises étudiées ont un responsable ou une direction dédiée au dialogue avec les parties prenantes, 15% déclarent l’existence d’un comité de parties prenantes et seulement 8% intègrent un représentant de la société civile ou un administrateur ayant une expertise sociétale au conseil d’administration.

Sur les différentes zones géographiques, le Royaume-Uni, pays le plus mature dans le dialogue des parties prenantes. L’analyse par zone géographique fait apparaître des disparités fortes. Le Royaume-Uni apparaît comme le pays le plus mature avec un score de 39 / 100 pour les grands groupes et 27 / 100 pour les PME (contre un score moyen de 34 / 100 et 13 /100 au global). Le Canada, quant à lui, fait preuve d’un réel retard en arrivant dernier avec un score de 28 / 100 pour les grands groupes et 8 / 100 pour les PME.

Sur les différents secteurs d’activité, le secteur agro-alimentaire, secteur le plus mature dans le dialogue parties prenantes. L’analyse par secteur révèle également des écarts. Le secteur de l’agroalimentaire a un temps d’avance, à la fois pour les grands groupes (41 / 100) et les PME (26 / 100), avec les meilleurs scores de cette étude. Les entreprises des Biens et services technologiques apparaissent comme étant beaucoup plus en retard, notamment pour les PME qui enregistrent le score le plus faible (6/100) de l’étude. Les grands groupes enregistrent un score de 31/100, ce qui les place en avant dernière position, juste avant le secteur de la Santé qui obtient 29/100.

Consulter l’intégralité de du benchmark. 

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En savoir plus sur le Think Tank « L’entreprise et ses parties prenantes : nouvelles voies de gouvernance et de résilience » du Comité 21.

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